• Cruel manque amoureux

     J'ai toujours cru que la langue française faisait la part belle à l'amour. Après tout, chez nous, le mot amour (qui a la délicatesse de commencer comme l'âme) rejoint l'orgue et les délices en se féminisant au pluriel, ce qui est une distinction que je trouverai toujours charmante, je crois. Et, sans parler des innombrables usages qui ont été faits pour parler du sujet (poésie, roman, théâtre, littérature – Aurélien, je pense à toi), nous sommes l'une des rares langues à différencier le romantique du romanesque, et l'amant de l'amoureux – l'anglais se contente de lover pour les deux, l'allemand de Liebhaber(in), l'espagnol d'amante... Nous nous énamourons et nous nous lovons, dans la langue d'Aragon.

     J'ai toujours cru que la langue française faisait la part belle à l'amour, donc. Jusqu'au jour où j'ai réalisé qu'il nous manquait ceci :

    Si nous entretenons une relation amicale, c'est une amitié.

    Si nous entretenons une relation amoureuse, c'est...

     Quoi donc ?

     On m'objectera certes que techniquement, le mot amour pourrait être utilisé ici, mais je persiste à croire qu'il y aurait ici la place pour un mot essentiel, que nous n'avons pourtant pas. (Mais les autres langues non plus, que je sache ?) Ce manque me fascine et me frustre terriblement.

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