• [Eklabugs] Une petite étude des passions

     J'ai eu l'idée de faire un tour sur Eklabug l'autre jour, et il se trouve que la session du mois de mars porte sur les passions [les activités qui nous passionnent]. Il y aurait beaucoup à dire sur les passions (sans parler de la passion, mais malheureusement pour le talent indéniable que j'ai quand il s'agit de parler d'amour et de passion amoureuse, j'ai loupé la session de février), mais avant de m'y attaquer, permettez-moi de vous rappeler en quoi consiste le projet Eklabug : chaque mois, un thème est choisi et tout le monde peut écrire un article sur ce sujet en mettant à la fin un lien vers chacun des autres articles écrits. Tous les articles sont publiés le 29 du mois et donc à découvrir en même temps. Autrement dit, si jamais mon texte vous déplaît à un moment ou à un autre, je vous invite à vous rendre en bas de l'article pour trouver les liens des productions des autres participants ^-^

     

     Il y a donc, indéniablement, beaucoup à dire sur les passions. Le mot n'est pas anodin : du grec ancien πάθος, puis du latin patior, étymologiquement le mot est lié à la souffrance et aux troubles de l'âme, c'est connu. Avant même qu'on se penche sur le sens précis qui désigne l'activité, le hobby, l'intérêt, on sent qu'il y a quelque chose de spécial (du moins quand il n'est pas dévoyé et utilisé à tout va : je vais essayer de traiter seulement ce que je considère être vraiment des passions). D'ailleurs, la passion est au-delà de l'activité, au-delà du hobby, au-delà de l'intérêt : vous le sentez bien, non, que ces mots semblent fades, à côté de la passion ? C'est qu'il y a une certaine force dans la passion ; une force liée au tourment, qu'on ne semble pas pouvoir maîtriser, qui nous dépasse. (Je sais que je vulgarise mal, mais promis, je m'arrête là en terme de définition pseudo-philosophique.)

     Et puis, on a l'impression qu'il y a aussi quelque chose d'irrationnel dans la passion. « Je m’y livre avec un engouement qui tient de l’extravagance et qui me fait rire moi-même quand j’y réfléchis »*, disait bien Rousseau à propos de sa passion pour l'herborisation...

     

     Prenons Rousseau que je viens de citer, tiens. Rousseau illustre parfaitement le concept de passion-au-sens-d'activité-hobby-intérêt-mais-au-delà-de-l'activité-hobby-intérêt, à mon sens. (Je ne comptais pas parler autant de Rousseau dans mon article, mais je n'arrêtais pas de revenir à lui dans mon cheminement, alors autant en parler clairement : le personnage en vaut la peine, après tout...)

     Pour Rousseau, l'herborisation relève de la douce folie, de la « bizarrerie », de l'extravagance : c'est quelque chose qui le prend et qui ne s'explique pas forcément au premier abord (il s'attachera à expliquer l'origine de cette passion dans ses Rêveries du Promeneur Solitaire, mais il n'empêche qu'au premier abord il n'en avait aucune idée). Présenté comme ça, on comprend le terme de passion : il y a la folie, l'irrationnel, et puis l'engouement spontané ! La passion n'est-elle pas liée aux extrêmes ? (Question à laquelle je ne répondrai pas, mais à laquelle il conviendrait de méditer : peut-on s'ennuyer passionnément ? le sujet doit être plaisant à imaginer ; mais comme ce n'est pas mon propos...)

     Une anecdote qui me vient à l'esprit, avant de continuer mon cheminement (si si, j'en ai un, plus ou moins). Rousseau avait aussi une passion pour la musique, qu'il expérimenta la première fois en usurpant la place d'un chef d'orchestre lors d'un spectacle. A l'époque, il n'y entendait rien en musique (si vous me permettez le jeu de mots), et le spectacle fut une véritable catastrophe. (Oui, Rousseau était fou, et sa vie regorge d'anecdotes amusantes à replacer en soirées. Comme la fois où pour se venger de sa voisine qu'il n'aimait pas, il a pissé dans sa marmite. Char-mant. J'enchaînerais volontiers sur d'autres anecdotes si je ne craignais pas de choquer les mœurs et si je n'avais pas un sujet à traiter...)

     

     Mais l'engouement ne suffit pas à créer la passion. En réalité, la passion n'est pas innée. Au même titre que les plantes dont raffolait Rousseau, elle se cultive. Elle s'assume, quoi ! Il faut y consacrer du temps et de l'énergie, il faut le vouloir, il faut se donner les moyens de progresser. Vous pouvez griffonner des dessins sur votre cahier de maths par délassement, ça ne fait pas de vous quelqu'un de passionné du dessin (simplement quelqu'un qui s'ennuie en maths).  La passion se travaille, d'une façon ou d'une autre ; elle se pratique en dehors des sentiers de l'évidence et de la facilité. Il faut s'y adonner dans une optique de progrès, il faut se frotter à la difficulté, expérimenter d'autres façons de faire, même celles qui nous plaisent moins, et parfois se forcer un peu à travailler ce qui est moins amusant à faire... C'est là que se révèle la passion : l'élan initial qui la compose soutient cet effort à mon sens nécessaire, et nous motive pour progresser malgré la difficulté !

     Rousseau, après sa mésaventure avec la musique, a appris à copier la musique, il a inventé un nouveau système de notation musicale, et il a même écrit un Dictionnaire de musique : c'est là qu'on peut le qualifier de passionné (et ce d'autant plus qu'il adorait ça, ce qui est une condition sine qua non de la passion, on l'a expliqué plus haut). Quant à l'herborisation, il le dit lui-même :

      « Tout d’un coup, âgé de soixante-cinq ans passés, privé du peu de mémoire que j’avais et des forces qui me restaient pour courir la campagne, sans guide, sans livres, sans jardin, sans herbier, me voilà repris de cette folie, mais avec plus d’ardeur encore que je n’en eus en m’y livrant la première fois ; me voilà sérieusement occupé du sage projet d’apprendre par cœur tout le Regnum vegetabile de Murray et de connaître toutes les plantes connues sur la terre. Hors d’état de racheter des livres de botanique je me suis mis en devoir de transcrire ceux qu’on m’a prêtés, et résolu de refaire un herbier plus riche que le premier, en attendant que j’y mette toutes les plantes de la mer et des Alpes et de tous les arbres des Indes, je commence toujours à bon compte par le mouron, le cerfeuil, la bourrache et le séneçon ; j’herborise savamment sur la cage de mes oiseaux et à chaque nouveau brin d’herbe que je rencontre, je me dis avec satisfaction : voilà toujours une plante de plus. »*

     (Quitte à parler de Rousseau, pourquoi se priver du plaisir de le citer ?)

     

     Si je dois me pencher sur les passions, clairement, c'est la composante du travail, la composante de l'effort qui m'intéresse le plus dedans. La passion n'est pas gratuite. Une passion qu'on n'assume pas, à laquelle on ne se consacre pas vraiment, qu'on se contente d'apprécier de loin ou uniquement quand ça nous plaît et que c'est facile, on sent bien qu'au fond ça relève plus de l'intérêt, de l'activité de loisir, ou du hobby, que de la passion (mais ne vous inquiétez pas, il n'y a rien de grave là-dedans). La passion est un élan propre à chacun à pratiquer une activité, à avoir un centre d'intérêt, certes ; mais cet élan se doit d'être entretenu. C'est ce qui fait qu'en fait, quand on y pense, la passion n'est pas évidente. Combien d'artistes prétendent n'avoir jamais douté, d'ailleurs ? Aucun ! C'est que le travail n'est pas évident ; et comme la passion est aussi travail... Elle non plus n'est pas évidente.

     Je vous vois venir, petits vilains : vous pensez peut-être que cette nécessité du travail que je pointe en rabat-joie affadit la passion ; que le fait de devoir travailler casse un élan, qu'une vraie passion devrait, après tout, être naturelle, spontanée seulement, que le doute devrait en être exclu. Je crois pour ma part que c'est tout le contraire. Je crois que ce qui n'est pas gratuit ni évident n'en est que plus gratifiant et épanouissant, que la passion n'en est que rehaussée par cet effort. Après tout, l'effort permet le progrès, ouvre à de nouveaux horizons ; comment entrer vraiment dans une passion sans effort, comment en apprécier toutes les subtilités à leur juste valeur sans cet effort ?

     Quant au doute : quelle est la valeur d'une certitude qui n'a jamais été éprouvée ? Le doute fait partie intégrante de l'effort. S'il se surmonte (en partie grâce à cet élan de la passion), il n'en est pas moins présent.

     

     Vivre une passion consiste en fait plus en un cheminement qu'en un simple loisir ou une simple aspiration. Je repense à l'étymologie de passion, je repense aux grands sens qu'on lui donne, à la grandeur à l'excès, à la tourmente, à l'irrationnel. Que reste-t-il de cette passion-là ? Plus grand-chose : la grandeur est canalisée par l'effort, la tourmente est surmontée par l'élan, le travail semble détourner l'irrationnel. Au fond, il n'y a peut-être rien de plus sain que la passion.

     

     

     Un dernier élément de réflexion : quand on lit Rousseau parler de l'herborisation, tout de même, on se dit que la passion exerce parfois un certain regard sur les choses, ouvre parfois un certain horizon ; peut-être est-ce cela qui fait qu'on rêve tous d'avoir des passions, au-delà du simple plaisir qu'on a à pratiquer sa passion. Il s'agit de donner de la beauté à son monde...

     Et comme Rousseau écrit si bien, je me permettrai donc de conclure cet article par un dernier extrait de lui, sur la beauté du monde, justement : 

    «  Vivifiée par la nature et revêtue de sa robe de noces au milieu du cours des eaux et du chant des oiseaux, la terre offre à l’homme dans l’harmonie des trois règnes un spectacle plein de vie, d’intérêt et de charme, le seul spectacle au monde dont ses yeux et son cœur ne se lassent jamais. [...]

    Je pris goût à cette récréation des yeux, qui dans l’infortune repose, amuse, distrait l’esprit et suspend le sentiment des peines. La nature des objets aide beaucoup à cette diversion et la rend plus séduisante. Les odeurs suaves, les vives couleurs, les plus élégantes formes semblent se disputer à l’envi le droit de fixer notre attention. Il ne faut qu’aimer le plaisir pour se livrer à des sensations si douces, et si cet effet n’a pas lieu sur tous ceux qui en sont frappés, c’est dans les uns faute de sensibilité naturelle, et dans la plupart que leur esprit, trop occupé d’autres idées, ne se livre qu’à la dérobée aux objets qui frappent leurs sens. [...]

    Brillantes fleurs, émail des prés, ombrages frais, ruisseaux, bosquets, verdure, venez purifier mon imagination salie par tous ces hideux objets. Mon âme morte à tous les grands mouvements ne peut plus s’affecter que par des objets sensibles ; je n’ai plus que des sensations, et ce n’est plus que par elles que la peine ou le plaisir peuvent m’atteindre ici-bas. Attiré par les riants objets qui m’entourent, je les considère, je les contemple, je les compare, j’apprends enfin à les classer, et me voilà tout d’un coup aussi botaniste qu’a besoin de l’être celui qui ne veut étudier la nature que pour trouver sans cesse de nouvelles raisons de l’aimer. [...]

    Mais je cherche à me donner des amusements doux et simples que je puisse goûter sans peine et qui me distraient de mes malheurs. Je n’ai ni dépense à faire ni peine à prendre pour errer nonchalamment d’herbe en herbe, de plante en plante, pour les examiner, pour comparer leurs divers caractères, pour marquer leurs rapports et leurs différences, enfin pour observer l’organisation végétale de manière à suivre la marche et le jeu de ces machines vivantes, à chercher quelquefois avec succès leurs lois générales, la raison et la fin de leurs structures diverses, et à me livrer au charme de l’admiration reconnaissante pour la main qui me fait jouir de tout cela. Les plantes semblent avoir été semées avec profusion sur la terre, comme les étoiles dans le ciel, pour inviter l’homme par l’attrait du plaisir et de la curiosité à l’étude de la nature ; mais les astres sont placés loin de nous ; il faut des connaissances préliminaires, des instruments, des machines, de bien longues échelles pour les atteindre et les rapprocher à notre portée. Les plantes y sont naturellement. Elles naissent sous nos pieds, et dans nos mains pour ainsi dire, et si la petitesse de leurs parties essentielles les dérobe quelquefois à la simple vue, les instruments qui les y rendent sont d’un beaucoup plus facile usage que ceux de l’astronomie. La botanique est l’étude d’un oisif et paresseux solitaire : une pointe et une loupe sont tout l’appareil dont il a besoin pour les observer. Il se promène, il erre librement d’un objet à l’autre, il fait la revue de chaque fleur avec intérêt et curiosité, et sitôt qu’il commence à saisir les lois de leur structure il goûte à les observer un plaisir sans peine aussi vif que s’il lui en coûtait beaucoup. Il y a dans cette oiseuse occupation un charme qu’on ne sent que dans le plein calme des passions mais qui suffit seul alors pour rendre la vie heureuse et douce. »*

     

    * Toutes ces citations sont extraites de la Septième Promenade, dans les Rêveries du Promeneur Solitaire (Jean-Jacques Rousseau). Pour ceux qui veulent lire la Promenade en entier (elle peut se lire à part sans qu'on ait besoin de connaître les précédentes), ou même le livre en entier, voici un lien d'un PDF en ligne ;) 


     

     Et comme annoncé en début d'article, voici les liens vers toutes les participations du mois :

     

     

    « Comment éduquer ses enfantsFaire des carrés en ,5 »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 30 Mars à 09:46

    Effectivement, je crois que je n'avais encore jamais vu personne cité autant Rousseau dans son article. Mais au moins, j'ai appris des choses sur le personnage^^

    Qu'est-ce que tu veux dire par 'il faut travailler sa passion' ? Je t'avoue que pendant tout l'article, je n'ai pas très bien compris ce que tu voulais dire. 

      • Vendredi 30 Mars à 20:06

        J'ai préféré rester vague, parce qu'il y a une foultitude de passions et une foultitude de façons se pratiquer chacune. Le principe c'est tout de même de s'y adonner dans une optique de progrès, sans chercher à éviter la difficulté... C'est ce qui fait la différence, selon moi, entre un simple loisir ("Tiens, j'aime écrire des textes de temps en temps") et la passion ("j'écris des textes et je me force à pratiquer régulièrement même quand je manque d'inspiration, je me force aussi à me frotter à des thèmes ou des façons de faire que je ne maîtrise pas et qui ne me plaisent pas au premier abord, je fais de laborieux travaux de relectures et réécriture..."). Après, évidemment, chacun travaille à sa façon, il n'y a pas de méthode precise. Mais l'effort compte !

        J'éditerai sans doute mon article ce soir pour rajouter un petit paragraphe à ce sujet, du coup (je pensais que la notion était claire, mais autant me rattraper !)

      • Vendredi 30 Mars à 20:08

        Et pour Rousseau, je l'étudie dans le cadre de mes études littéraires... Du coup, il m'aurait semblé bête de me contenter d'une seule petite phrase de citation pour faire joli, alors que le texte intégral est si beau ! (Et encore que j'ai quand même sélectionné des passages précis :P)

      • Dimanche 1er Avril à 22:44
        En fait, j'avais compris et au après je ne comprenais plus ce que tu voulais dire...--"
        Bref, avec ton exemple, j'ai bien compris!
        Ah effectivement, si tu étudies Rousseau, je comprends maintenant. Je pensais que t'avais une passion pour Rousseau ;)
      • Dimanche 10 Juin à 17:11

        Tant mieux alors si tu as compris ;)

        Eheh, non, au début je n'étais pas très fan de Rousseau... Mais maintenant, j'aime vraiment beaucoup ^-^ (je n'ose pas parler de passion pour le coup, mais quand même, c'est chouette...)

    2
    Samedi 31 Mars à 09:39

    Suis-je une sorte de Rousseau si je suis passionée de musique? Trêve de plaisanterie, je suis tout à fait d'accord avec ton article, qui état très enrichissant. C'est vraiment intéressant de revenir sur l’étymologie du mot pour en tirer ce qu'il représente. Et j'ai beaucoup aimé les références à Rousseau qui viennent illustrer l'article!

      • Samedi 31 Mars à 18:35

        Uniquement si tu as déjà pris la place d'un chef d'orchestre alors que tu n'y connaissais rien... ;)

        En tous cas, merci à toi ^-^

    3
    Dimanche 1er Avril à 04:35

    Très intéressante ta vision de la passion (et ton article en général). Moi, je dirais que la passion rend l'effort facile dans le sens où quand quelque chose nous tient comme ça, nous habite, tout devient presque naturel et donc ce qu'en d'autres lieux on appelerait du travail, devient un plaisir, presqu'un passe-temps puisque l'on est conditionné à croire que le travail doit forcément être ennuyeux et pénible, que la vie doit forcément être faite de choses qu'on n'aime pas (mais ce n'est pas une vérité, juste un conditionnement ancré dans l'inconscient collectif auquel on a choisit de croire et qui se renforce par la vibration de cette croyance que l'on entretient et manifeste en miroir selon le principe de la loi physique d'attraction vibratoire). Bref, on est bien d'accord que la passion maitrisée et cultivée comme tu dis fort bien est non seulement porteuse mais facteur d'évolution. Tous ceux qui font avancer ce monde (dans n'importe quel domaine et pas uniquement les scientifiques, humanistes ou autres mais également les artistes, les poètes, écrivains, humoristes, etc) sont à la base des passionnés. Parce que leur passion est toujours plus forte que l'échec. Ils ont beau morfler, ils reviennent toujours. Les gens qui aiment, finissent par désaimer au premier coup dur. Pas les passionnés.

    Sinon j'ai bien aimé ton anecdote sur Rousseau et la marmite. Un aspect qui rend tout de suite les études littéraires plus sympas !

    Pour info, si tu regrettes d'avoir loupé la session précédente sur l'amour, il existe la section Rab sur Eklabugs. Tu peux donc écrire ton article si tu le souhaites et venir donner le lien dans cette session. Faudrait que je trouve un moyen pour que les gens puissent voir qu'il y a eu des ajouts histoire qu'ils aillent te lire. Voici le lien direct mais c'est accessible via le menu latéral.

    http://eklabug.eklablog.fr/faites-du-rab-pour-eklabugs-a125202482

      • Dimanche 10 Juin à 17:31

        (Avec trois mois de retard...)

        Tout à fait d'accord avec tes propos, merci pour ce commentaire qui vient ajouter en intelligence à l'article. La passion c'est ce qui nous pousse à nous frotter à ce travail, parce que justement on sait l'apprécier (ce qui ne veut pas dire qu'il soit toujours évident : on a tous nos périodes de doute... mais on finit par surmonter ces doutes, et c'est ce qui compte). J'ai toujours trouvé dommage qu'on ait une vision si péjorative du travail : parce que le travail, justement, c'est ce qui nous pousse à nous surpasser, en nécessitant l'effort. Sans travail, le résultat en vaut-il encore la peine ? (Non, puisque justement il n'y a pas eu de peine, diront les petits malins qui s'amusent à jouer sur les mots...) L'effort peut être plaisant, et même plus, il est gratifiant, enrichissant, épanouissant : il ne dépend que de nous de le percevoir...

        (Et la fameuse citation de Confucius : choisis un travail que tu aimes, et tu n'auras pas à travailler un seul jour de ta vie... Je ne suis pas entièrement d'accord, cela dit : j'aime redonner ses lettres de noblesse au travail, et je pense qu'au lieu de dire qu'il n'y a pas de travail, il serait plus juste de dire qu'il y a un travail qui est plaisant. Reconnaître le travail, c'est reconnaître l'effort de celui qui travaille.)

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