• Je crois que je commence à toucher du doigt...

     Après des années de lecture, d'écriture, de vocation littéraire plus ou  moins affirmée, de jeux avec les mots, après quatre mois de prépa littéraire, ça y est, enfin, je crois que je commence à toucher du doigt ce qu'est la littérature (oui, c'est vrai, ça : qu'est-ce qui fait qu'un livre est de la vraie littérature ?).

     Enfin. Soyons honnêtes : ce n'est qu'une esquisse de réponse, évidente mais pourtant foudroyante lorsque j'ai mis les mots dessus.

     Alors voilà : la littérature, c'est ce qui se relit.  C'est ce qui se relit parce qu'on aime ça, qu'on apprécie la beauté des mots, oui. Mais c'est encore trop simpliste (et pour faire ma kantienne : il n'est pas dit que tous aient un jugement éduqué). C'est ce qui se relit parce que c'est ce qui a beaucoup de choses à livrer. Parce que les mots n'ont pas que leur sens premier (comme s'ils avaient un sens premier, d'ailleurs). C'est ce qui se relit parce que c'est ce qui ne se livre pas immédiatement (et peut-être même jamais totalement). C'est un texte, au sens étymologique du terme, un tissu dont il faut démêler les fils. C'est quelque chose qui donne plus à voir que ce qu'on pourrait penser qu'il donne à voir.

     La littérature, c'est ce qui se relit, parce que ça se révèle à chaque fois, à chaque relecture.

     La littérature, c'est ce qui se relit, parce que ce sont des mots, au-delà des mots, parce que la beauté, la vérité, le jeu, le tonnerre qui s'incarnent en eux ne se trouvent pas tout à fait en eux mais aussi derrière eux, et en nous, aussi.

     La littérature, c'est une gifle de vent glacial qui vous réveille un matin, quand vous sortez de chez vous. Et vous vous dites "wouah". Vous ne savez pas pourquoi, mais vous vous dites "wouah". J'ai mis longtemps à comprendre. Je n'ai toujours pas compris (et c'est bien pour ça que c'est de la littérature). N'empêche que. Je crois que j'ai commencé à mettre le doigt dessus.

     La littérature, c'est un abîme abyssal qui s'offre à vous derrière les mots, c'est quelque chose de gigantesque, d'immense, d'énorme. Un peu comme ma révélation sur la littérature. Je tiens un début début de réponse, et ça aussi, ce fut une belle gifle de vent glacial. Parce que je venais de faire tomber un pan débutée de mystère de la littérature, et que derrière j'y ai vu cette immensité et tous les mystères qu'elle apporte.

     (Et, bordel, j'aurais aimé être à la hauteur de cette révélation pour l'exprimer.)


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