• Pourquoi le féminisme n'est pas une évidence

     Note préliminaire : j'avais prévu de sortir cet article début avril, mais comme le féminisme a été choisi comme thème du mois par EklaBugs, j'ai décidé de le poster à l'occasion de la session. Si vous ne connaissez pas le projet, je vous conseille d'aller voir ici, et pour ceux qui connaissent, comme d'habitude, vous trouverez les liens des articles des autres plus bas.

    Deuxième note préliminaire : suite à quelques soucis techniques, je poste cet article sans relecture (je ferai une relecture dans les jours à venir), donc je présente mes excuses pour l'absence de clarté.

     


      

     Ça fait plus d'un an que je songe à écrire cet article. Que je me dis, quand même, qu'il faudrait qu'on parle sérieusement du féminisme (quand même, il faudrait qu'on explique pour de bon que le féminisme, c'est compliqué, que ce n'est pas évident). Mais bizarrement, ça me paraît encore plus compliqué qu'écrire sur la politique (bon, pour la politique, à part cet article sur mon rapport à la politique et ce tuto politique, je n'ai pas écrit grand-chose, et je ne me suis jamais vraiment mouillée). Je ressens comme profondément compliqué le fait d'écrire sur le féminisme. Pire : ça me met mal à l'aise, quelque part.

     (En vrai, j'ai écrit deux fois sur des sujets touchant au féminisme, mais sans jamais citer le féminisme à proprement parler : un sur le consentement et le désir et un sur les serviettes hygiéniques. Dans ma tête, ça ne compte pas vraiment, mais je vous mets les liens ici quand même.)

     

     Pause. Une précision : je ne tiens pas ici à parler de mes opinions féministes en tant que telles. Je n'ai pas envie de donner mon avis sur tel ou tel sujet pour lancer un débat. Si j'écris cet article, c'est pour revenir sur l'évolution de mon rapport au féminisme (en axant évidemment autour de quelques sujets-clés, puisque le féminisme désigne un ensemble de thèmes qui font débat dans la société et que c'est très large). Pour partager des interrogations et des doutes personnels, pour montrer que le sujet est plus compliqué qu'il n'y paraît. Pour montrer que le féminisme est tout sauf évident, pas pour imposer un avis sur le féminisme (d'ailleurs, vous verrez que j'ai du mal à avoir un avis tranché).


     

     Donc voilà. Commençons par la phrase qui tue : longtemps, je n'ai pas été féministe. (Respirez.) Ou peut-être que si, peut-être que j'étais féministe, je n'en sais rien. Je crois que non, parce que si on m'avait dit les féministes, quand j'avais, disons, 12 ans, j'aurais pensé à un groupe de personnes (un groupe de femmes très certainement), et je ne me serais pas pensée dans ce groupe. Si on m'avait dit les gens qui pensent que l'égalité des sexes doit être la norme, ou quelque chose comme ça, je me serais pensée dans ce groupe, évidemment.  C'est plus simple présenté ainsi, n'est-ce pas ? Qui irait prêcher que les hommes doivent dominer les femmes ? (A part des énergumènes mal-lunés, je veux dire.) Mais voilà, en fait, on ne pense pas nécessairement que les féministes et les personnes qui pensent que l'égalité des sexes doit être la norme soient un seul et même groupe. A tort ou à raison, j'y reviendrai.

     (Pour celles et ceux qui viennent de bondir parce que j'ai dit sexe et non genre, promis, j'en parle plus bas.)

     

     Longtemps, je ne me suis donc pas considérée comme féministe. En fait, longtemps, je ne me suis pas intéressée au féminisme. Pourtant, je suis née du bon côté pour être féministe : j'appartiens à la gente féminine, et à vue de nez, je dirais que ça augmente pas mal les chances de devenir féministe. Parce que dans un monde où, globalement, les inégalités sont en défaveur des filles et des femmes (globalement, parce que y a aussi un paquet de trucs pas cool en défaveur des garçons et des hommes, aussi, même si ça se ressent moins), forcément, les filles et les femmes sont plus aptes à remarquer ces inégalités, et se sentent plus concernées lorsqu'il s'agit de questionner et de réduire ces inégalités. Nous défendons en premier nos intérêts, ce qui est normal, puisque nous sommes nous-mêmes, et nous sommes donc naturellement moins penchés à lutter contre des injustices qui ne nous touchent pas (ou nous favorisent), quand bien même nous avons un sens de la justice. Il est donc logique qu'une plus grande proportion de filles et de femmes s'intéresse au féminisme, et il aurait été logique qu'en tant que fille, je m'y intéresse aussi, mais voilà, pendant longtemps, ça n'a pas été le cas.

     Il faut dire que j'ai beau être née fille, je n'ai pas eu la meilleure conjoncture pour être sensibilisée aux thématiques du féminisme. Je suis née dans une famille unie, avec deux parents qui s'aiment, qui ont tous deux le même niveau d'étude, et gagnent tous deux peu ou prou près le même salaire. Mes parents participent de manière égale aux tâches ménagères, à peu près (souvent, le soir, ma mère est dispensée du débarrassage de la table parce qu'elle est plus fatiguée que mon père, donc s'il y a un déséquilibre il serait même plutôt en défaveur de mon père). On ne m'a jamais dit ni même fait sentir que parce que j'étais une fille, il y avait des choses que je ne pourrais pas faire, ou faire moins bien. Quand, à 5 ans, j'ai demandé des petites voitures pour mon anniversaire (c'est cool les petites voitures), tout le monde a trouvé ça très chouette et on m'en a offert. (On m'a aussi offert des Polly Pocketts et compagnie quand j'en ai demandé, mais bon, je suppose que ça aurait été injuste de me donner une éducation anti-genrée.) On ne m'a jamais dit ni même fait sentir que j'étais inférieure aux garçons ou quoi que ce soit en ce sens.

     Donc quand à l'école, on nous racontait qu'avant les femmes n'avaient pas le droit de voter, qu'elles n'étaient pas libres, mais qu'après elles se sont révoltées et qu'elles ont obtenu des droits, je pouvais lier ça avec ce que je constatais dans mon environnement familier, et me dire : ok, avant il y avait des inégalités entre les hommes et les femmes, mais maintenant c'est bon, on est au XXIème siècle. Parce que je n'ai jamais été discriminée en tant que fille, ou tout du moins je ne l'ai jamais perçu.

     A cela, j'ajoute une hypothèse : peut-être qu'avec le temps on médiatise plus le féminisme. Peut-être que j'ai grandi dans un monde où on parlait moins de féminisme, où les combats féministes étaient moins prégnants. Pour moi, les thèmes féministes ont commencé à entrer dans l'actualité et on a commencé à en parler en 2013, l'année du fameux mariage pour tous. J'avais une quinzaine d'année à l'époque (donc tout autant d'années sans avoir entendu parler de thèmes féministes, ou sans y avoir vraiment fait attention). Peut-être. Je n'en sais rien, ce n'est que ce que je ressens, et puis aussi, il y a autre chose : j'ai mis des années (beaucoup plus) à m'intéresser à l'actualité, aux débats contemporains, aux médias. J'ai passé une grande partie de mon enfance et de mon adolescence perdue dans des livres d'un autre âge. Quoiqu'il en soit, structurellement, malgré l'avantage indéniable que constituait le fait d'être une fille, j'étais mal barrée pour m'intéresser au féminisme.

     (Une anecdote avant d'enchaîner sur la suite : je me souviens avec clarté avoir pensé, à 9 ou 10 ans, que c'était mieux d'être une fille parce que j'étais née dans une époque où l'égalité était acquise, mais où la galanterie perdurait encore. (Le fait de ne pas m'être questionnée sur la légitimité d'une galanterie qui créerait une inégalité en faveur des filles et des femmes me perturbe encore.) C'est dire que dans ma tête, l'égalité était ancrée.)

     

     Donc, oui, j'étais bête, je ne me posais pas beaucoup de questions à l'époque (enfin, si, mais pas sur ce sujet). Et puis, quand j'ai commencé à réfléchir vaguement sur le sujet, ça n'a pas nécessairement été en faveur du féminisme.

     Je me souviens, quelque part au collège ou au lycée, avoir pensé à la question de la parité hommes-femmes. Établir une parité hommes-femmes, en politique avec les listes de partis par exemple (c'est-à-dire que quand un parti présente des candidats pour une élection (municipale par exemple), il doit présenter autant d'hommes que de femmes), c'est établir une discrimination positive. Dans discrimination positive, il y a positive, mais surtout, il y a discrimination. | (Ce n'est pas le cas aux Etats-Unis où on parle de positive action, mais j'y reviendrai.) Tout de suite, ça m'a rebutée. Établir une parité hommes-femmes, ça veut dire qu'on choisit les gens pour leur sexe. Et ça devient, du coup, le premier critère de sélection des gens. Ce n'est pas très malin, pour une mesure dont le but est de réduire l'inégalité entre les sexes. En politique, en général, il y a plus d'hommes que de femmes : mais si on applique la parité, ça veut dire que désormais, on va recruter des femmes pour remplir les quotas... Et donc, recruter des femmes juste parce qu'elles sont des femmes. C'est injuste à la fois pour les hommes et pour les femmes : pour les hommes, cela les pénalise parce qu'ils sont hommes (on en recrute moins que ce qu'on pourrait, donc certains qui mériteraient par leurs compétences et leur motivation d'être pris ne le sont plus) ; et pour les femmes, ça les réduit à leur sexe (on a besoin d'en recruter plus, et du coup on va en recruter certaines plus parce qu'elles permettent de remplir les quotas que parce qu'elles le mériteraient). Il y a un effet pervers à cette mesure : comme les femmes sont recrutées plus pour leur sexe que pour leurs capacités, elles perdent en légitimité, elles sont décrédibilisées. On ne sait plus si une femme recrutée l'est parce qu'elle le mérite, ou juste parce qu'il y a des quotas à remplir. Ma professeure de français de l'année dernière, qui était aussi vice-présidente de l'agrégation, avait fait cette remarque : quand vous êtes une femme et que vous obtenez quelque chose de gratifiant (un prix, un poste, etc.), il y a toujours une forme de suspicion qui remet en cause votre mérite, parce que vous êtes une femme (et donc, éligible au remplissage de certains quotas égalitaires).

     Le sexisme positif est pervers, parce qu'il compense des inégalités par d'autres, beaucoup plus insidieuses. Parce qu'il lutte contre le sexisme par du sexisme ; parce qu'il reconnaît, même dans sa lutte contre les inégalités entre les sexes, qu'il y a une différence entre les sexes. C'est une différence qui pose problème à mon côté universaliste. L'universalisme est une conception assez propre aux idées françaises, issue à la fois des idées des Lumières, du romantisme (le vrai, le mouvement littéraire, pas le romantisme dévoyé à l'eau de rose), du catholicisme, et sûrement d'autres sources, mais qui historiquement s'ancre bien en France. (Oui, même si vous n'êtes pas catholique (je ne le suis pas non plus). Il s'agit d'un arrière-fond culturel dans lequel vous baignez, que vous le vouliez ou non.) Je ne suis pas ici pour faire une histoire des idées (je n'en suis de toute façon pas apte), mais l'universalisme me semble être un point important à éclairer ici, même de façon maladroite et vulgarisée. L'universalisme, c'est ce qui est contre les petites cases, qui voudrait ne pas classer les gens d'après des caractéristiques (sexe, âge, couleur de peau, autre), qui considère tout le monde de la même façon, que les choses peuvent être pareilles pour tout le monde. L'universalisme ne s'intéresse pas aux différences codées par la culture, il prend tout le monde à égalité : l'universalisme s'oppose à ce qu'on classe les gens d'après leur sexe sans raison autre que parce qu'ils ont des sexes différents. Donc, si on veut recruter des gens pour des listes de partis, et qu'on se base sur leur motivation et leurs capacités, ben c'est anti-universaliste de recruter en séparant les hommes et les femmes. Et on se dit que si tout le monde était universaliste, on n'aurait pas tous ces problèmes d'inégalités.

     

     Mais voilà, en fait, l'universalisme, ce n'est pas si évident que ça (et croyez-moi, c'est une universaliste acharnée qui vous le dit). A la fin de l'année dernière, mon professeur d'histoire a tenu à faire plusieurs remarques à la classe. La première était que nous étions une classe composée à 75% de filles. La deuxième était que si on considérait le taux de participation dans la classe, il concernait à 75% les garçons. Ce n'était pourtant pas faute d'interroger les filles quand elles levaient la main, ou d'être bienveillant envers les participants et participantes. Il nous demandait par conséquent ce que nous en penserions s'il interdisait aux garçons de participer un cours sur deux (sauf pour poser des questions, évidemment), afin d'essayer de renverser l'équilibre. Nous nous sommes, de façon quasi-unanime, positionnés contre cette idée. Parce que c'était une forme de répression. Parce que c'était du sexisme. Parce que pour nous, ça relevait de la même stupidité que les mesures de parité hommes-femmes.

     Il y a donc eu un débat, et le prof nous a fait réfléchir au sujet de cette foutue parité. Parce que, d'accord, la parité c'est de la discrimination. Mais en fait, on est tous d'accord sur l'idée qu'actuellement, il y a une inégalité entre les hommes et les femmes, qu'en politique par exemple (je garde cet exemple parce qu'il est pratique), il y a une sous-représentation d'un sexe qui n'a pas de raison d'être. Comment lutter contre cette inégalité, si on n'instaure pas la parité ? Instaurer la parité c'est lutter contre les symptômes de l'inégalité, pas contre ses causes. Sauf que si on cherche les causes de cette inégalité, on se retrouve à farfouiller dans les méandres de l'éducation. On se retrouve face au fait qu'on encourage plus facilement les garçons à exprimer leur opinion et à s'affirmer, tandis qu'on apprend aux filles à être calmes et sages, donc qu'on les encourage moins à s'exprimer, ce qui crée une inégalité des sexes face à la prise de parole en public, et donc, à long terme, une inégalité face à la politique. (Ajoutez-y tout un tas d'autres facteurs, je n'ai pris que celui-là pour illustrer mon propos.) D'accord. On se retrouve aussi face à la question de la représentation. Si on montre aux enfants que les femmes font la cuisine et les hommes de la politique, inconsciemment, les garçons vont plus facilement se projeter dans la politique, et les filles dans la cuisine. Logique, non ? Et donc... Et donc si les enfants voient que dans nos systèmes politiques actuels il y a 75% d'hommes et 25% de femmes, eh bien ils enregistrent que la politique, c'est plutôt pour les hommes. Et donc... Si on veut éliminer les inégalités entre les sexes, il faut éduquer nos enfants : et donc leur montrer des représentations égalitaires ; et donc, avoir un système égalitaire (et pour ça, il faut éduquer les enfants, et donc leur montrer des représentations égalitaires, etc.). Joli cercle, non ? Je ne saurais pas dire s'il est vicieux ou vertueux, tout dépend de l'usage qu'on en fait. Mais tout d'un coup, la parité, ça devient un investissement intéressant à long terme. D'après des données de mon professeur d'histoire, dont je n'ai pas noté la source (mais je lui fais confiance, parce que même s'il a parfois des idées farfelues à propos de la participation en classe, c'est un homme brillant), ce sont les pays qui ont instauré la parité le plus tôt dans leurs systèmes politiques qui ont aujourd'hui le moins d'inégalités hommes-femmes (des pays nordiques, pour changer). Tiens donc.

     Qu'est-ce qu'on fait, alors ? Instaurer une inégalité compensatoire (effets pervers VS rétablissement plus rapide d'une certaine égalité), ou garder ses principes universalistes (dont la progression est plus lente mais aussi plus naturelle) ? (Quand je dis que la progression est plus lente, ça veut dire 2186 pour l'égalité salariale, par exemple. Le sexisme il rigole pas avec la lenteur...) Je ne sais pas. Le choix n'est pas évident, en fait. J'ai longtemps été contre la parité, pour les raisons citées plus haut, et qui me semblent pertinente, mais je dois reconnaître que c'est bien de penser de manière utilitariste, aussi. Je ne suis plus contre la parité, plus totalement : je garde mes réserves, parce que je n'ai qu'un petit aperçu des problèmes posés par le sujet, et parce que je sais que si je m'attelais en profondeur à réfléchir à la question, je verrais émerger beaucoup d'autres arguments pour et contre. 

     

     Enfin. Je n'ai pas tout à fait été honnête. J'ai omis une raison qui m'a poussée à longtemps être contre la parité hommes-femmes. Cette raison, elle est personnelle. Pendant une très large majorité de ma vie (disons, jusqu'à il y a deux ans), j'ai tout réussi avec aisance, tout ce que j'entreprenais (quoique pour être honnête je n'ai pas entrepris beaucoup de choses dans ma vie ; et ce n'est pas parce que je réussissais que c'était nécessairement mérité, ne croyez pas que je sois en train de m'envoyer des fleurs). Je réussissais tout avec aisance, et on me faisait miroiter que j'avais les capacités pour briller. Que si j'avais envie de faire quelque chose, je pouvais parfaitement réussir, que rien ne m'en empêcherait. J'avais cette foutue chance d'être, si vous voulez, dans le haut du panier. (Je ne suis pas en train de créer une hiérarchie entre les gens, je parle juste d'une hiérarchie (scolaire principalement) déjà ancrée dans la société. Il ne s'agit pas de la légitimer mais d'en comprendre les effets.) Autrement dit, si j'avais voulu entreprendre quelque chose comme faire de la politique, on me vendait l'idée qu'il n'y avait pas de raison que je ne réussisse pas, parce que j'en avais les capacités. (J'ai des doutes, quand même.)

    Et puisque j’en avais les capacités, ça voulait dire que je n’avais pas besoin de la parité hommes-femmes pour y arriver. Que j’avais beau être de la gente féminine, je n’avais pas besoin de discrimination positive pour réussir. Je ne me sentais pas concernée par les inégalités qui pénalisent les femmes, parce que je n’en avais jamais subies, et aussi parce qu’on me vendait l’idée que même s’il y en avait peut-être, eh bien j’avais les capacités de surmonter ça. Pour moi, je ne tirais donc aucun intérêt de l’instauration de la parité hommes-femmes. En revanche, la parité hommes-femmes avait un effet pervers dont j’étais parfaitement consciente, et qui pouvait, potentiellement, me pénaliser (en me décrédibilisant, en délégitimant les choses que je réussissais). La parité hommes-femmes, en un sens, me pénalisait. (Bon, je n’avais aucune intention de faire de la politique ou quoi, mais la parité hommes-femmes était un concept qui pouvait s’appliquer dans moult autres domaines. Ça me concernait, même de façon potentielle.) Je pense que c’est quelque chose qui a contribué à me sensibiliser contre la parité hommes-femmes. C’était dans mon intérêt à la fois d’être contre cette parité, et de clamer que j’étais contre. Car clamer que j’étais contre, c’était aussi clamer que je n’en avais pas besoin, moi. C’était montrer que j’étais au-dessus des inégalités qui discriminent les femmes (ce qui était aussi une forme de mise en valeur, je sais le reconnaître).

    Car paradoxalement, quand on est d’une minorité discriminée (oui, les filles et les femmes sont considérées comme une minorité car elles subissent des discriminations, CQFD), se positionner contre des mesures qui visent à supprimer des inégalités (des mesures qui sont donc censées nous avantager), c’est parfois défendre ses intérêts. Parce que c’est montrer qu’on est au-dessus, qu’on en a pas besoin. Et aussi, parce que ça nous permet de nous positionner du côté de ceux qui ne sont pas discriminés (en montrant qu’on n’est pas des « victimes »). Pour reprendre un exemple tiré de l’actualité plus ou moins récente, je pense que je montre là un des mécanismes qui est à l’œuvre chez Catherine Deneuve quand elle a signé la fameuse tribune critiquant Me too. C’est facile pour elle de clamer qu’on peut « ne voir chez un frotteur du métro que de la misère sexuelle, et considérer ses actes comme une non-agression », car il est probable qu’elle prenne rarement le métro et n’aie jamais été confrontée à un frotteur. Ou peut-être que si, mais qu’elle a réussi à passer outre. Il y a sans doute beaucoup de personnes qui surmontent ça. Mais il y en a beaucoup qui se sentent agressées quand elles sont confrontées à ce genre de situation, et clamer ainsi que pour moi, ce n’est rien, c’est délégitimer la parole de toutes ces personnes. C’est en fait se désolidariser de celles qui ont besoin de faire valoir les injustices qu’elles subissent. Mais pour avoir fait partie de ces personnes, je sais que c’est un phénomène inconscient. J’ai vraiment cru être contre la parité hommes-femmes par bon sens et logique ; et j’ai démontré plus haut que j’avais des arguments raisonnables pour montrer les limites de la parité hommes-femmes. Simplement, je ne considérais peut-être pas assez les inégalités que subissent les femmes dans le milieu politique (gardons le même exemple).

     

    Car il y a quelque chose de très pervers dans cette histoire d’inégalité. Si les femmes sont si peu représentées dans le milieu politique, je ne crois pas que ça soit tant parce qu’on essaye de les empêcher de faire de la politique – ou alors très peu. Les inégalités sont beaucoup plus perverses qu’on n’aimerait les représenter. Ce qu’on remarque à l’échelle globale s’explique difficilement par l’échelle individuelle : la plupart des femmes qui ne font pas de politique n’en font pas parce que, tout bêtement, elles n’en ont pas envie. Et quand notre professeur d’histoire nous a fait remarquer que nous étions une classe composée à 75% de filles mais dont les participants actifs formaient un groupe composé à 75% de garçons, il a eu du mal à nous présenter sa proposition comme une solution à un problème, parce que chacun avait ses raisons personnelles de participer ou non. Les garçons n’avaient pas l’impression de participer parce qu’ils étaient des garçons, et les filles de ne pas participer du fait de leur sexe (ou parce qu’on les avait stigmatisées volontairement). C’est un phénomène difficile à expliquer parce qu’il est insidieux, qu’il se construit progressivement en s’ancrant en nous, et qu’il se joue sur des détails inconscients.

    Certaines discriminations sont facilement identifiables. Par exemple, une fois, ma famille et moi étions invités chez des gens, et notre hôtesse a été ravie de m’entraîner tout de suite dans la cuisine pour me faire participer à la réalisation du dessert, en considérant d’office que ça m’intéresserait, et que ça n’intéresserait pas mon frère. En réalité, ce n’était rien de grave car j’aime bien faire des pâtisseries (et le fait est que ça n’intéresse pas particulièrement mon frère : et pourtant, je peux témoigner que nous avons eu la même éducation), même si c’était de fait une discrimination que j’ai tout de suite identifiée comme une discrimination sexiste.

    Mais ces discriminations sont faciles à repérer, et donc on peut facilement se révolter contre elles ou les remettre en question. La plupart des discriminations sexistes sont invisibles. Elles sont si insidieuses qu’il est difficile d’en identifier la source. Quand il s’agit d’elles, les solutions féministes semblent bien dérisoires – parfois ridicules et contre-productives, comme par exemple quand on réunit des filles de 3ème dans une salle pour leur dire de faire S. Notre professeur d’histoire nous avait raconté (toujours le jour du débat sur la parité) qu’il faisait partie des commissions d’admission de notre lycée, et qu’il avait remarqué que sur les bulletins des bonnes élèves il y avait plus souvent marqué « Travail sérieux », et « Fort potentiel » sur ceux des bons élèves. Les professeurs qui mettent ces annotations le font sans doute inconsciemment ; et les élèves qui reçoivent ces annotations ne les remettent pas en question. Mais inconsciemment, cette discrimination (les filles réussissent parce qu’elles sont sages et travaillent, et les garçons parce qu’ils sont naturellement doués) s’ancre dans la société et contribuent sans doute à donner confiance aux garçons plus qu’aux filles. A terme, ajouté à d’autres discriminations du même genre, ça contribue à forger une société où les filles sont moins encouragées et préparées que les garçons à s’exprimer avec confiance, considérer leur parole comme légitime, et donc s’exprimer en public, assumer leurs opinions – voire faire de la politique.

    (Et là encore, c’est un cercle vicieux : car si inconsciemment on fait passer le message que les filles sont plus réservées et travailleuses, moins naturellement légitimes, que les garçons, c’est parce qu’inconsciemment on en a déjà l’idée. Et si inconsciemment on en a déjà l’idée, c’est parce qu’on a pu l’observer dans une société où les filles et les garçons sont discriminés, et aussi parce qu’on a reçu ce message. Et si on fait passer ce message, c’est parce qu’inconsciemment on en a déjà l’idée, etc.)

     

    Il y a aussi une autre raison pour laquelle il est difficile de questionner réellement les discriminations : c’est que, comme elles sont inconscientes, elle s’ancrent dans notre identité. Remettre en question ces discriminations, c’est remettre en questions des identités qu’on pense chacun, à titre individuel, choisies. J’appartiens à la gente féminine, et j’ai fait L. Est-ce parce que j’ai été discriminée dans les matières scientifiques, parce qu’on m’a fait comprendre que c’était la filière des filles ? Non, je ne crois pas. J’avais les moyens d’aller en S, et ça m’aurait bien plu ; j’ai sincèrement l’impression d’avoir choisi L par choix personnel. Pourtant, si on prend les statistiques, la filière L est composée à majorité de filles, et la S à majorité de garçons. Je ne crois pas qu’il y ait de raison qui puisse justifier que les filles préfèrent la littérature (pourquoi, à cause d’une sensibilité féminine ?) et les garçons les mathématiques (expression d’une raison masculine ?). Je ne crois pas même qu’il y ait de caractère naturellement féminin ou masculin qui nous pousse à aller dans des filières en particulier. Mais c’est un sujet délicat, parce que je ne peux pas m’imaginer que moi, qui ai reçu la même éducation que mon frère, sans discrimination de la part de mes parents, j’aie pu avoir été poussée à faire L (au contraire, j’avais pris pas mal de remarques sur le fait que j’étais une bonne élève qui ne voulait pas aller en S). Pourtant, si je prends les statistiques, et si je pars du principe que ces inégalités de répartition entre les filières ne sont pas liées à des quelconques caractères naturels, il faut bien que j’en conclue que quelque part, la société a joué un rôle dans cela. C’est facile à dire, face à des statistiques. C’est beaucoup plus difficile de me dire à moi que j’ai été en L parce que la société m’y a poussée parce que j’étais une fille.

     

    Donc voilà : la question des inégalités entre hommes et femmes est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît, beaucoup moins évidente – et celle des solutions à y apporter aussi. Mais les petits malins d’entre vous me feront la remarque que depuis tout à l’heure, je réfléchis sur le mode cisgenre et binaire, en classant entre féminin et masculin, en associant genre et sexe. Et là, on touche à quelque chose d’encore plus compliqué. C’est d’autant plus compliqué que, là encore, ça concerne l’identité, qui est un sujet délicat, et ça me met d’autant plus mal à l’aise que j’ai du mal à parler de ce genre de sujet (plus encore que pour le reste). J’ai du mal avec la question des genres (comprendre, expliquer cette question : je ne parle pas d’acceptation), parce que, eh bien, je suis cisgenre : mais vraiment, vraiment, vraiment cisgenre. Être cisgenre, c’est avoir le même genre que son sexe.

    Je suis née fille. J’ai un corps de femme. D’accord. Est-ce que je me sens femme ? Mais qu’est-ce que ça veut dire, se sentir femme ? Je me sens femme parce que j’ai un corps de femme, c’est ce que je ressens, vraiment. Je sais, intellectuellement, que le genre relève de la construction d’une identité. Mais dans ma petite tête universaliste, c’est compliqué de classer les identités en féminin et masculin. (Oui, il y a aussi le genre neutre qui rompt avec le système binaire, mais je ne suis franchement pas assez renseignée pour pouvoir en parler sans risquer d’offenser quiconque, donc je vais dérouler mon raisonnement sur le masculin et le féminin. L’agenre, qui est une personne ni féminine ni masculine, me semble quand même se définir par rapport au féminin (absence de féminin) et au masculin (absence de masculin) ; quand au genre dit « genderfluid », tantôt féminin, tantôt masculin (et tantôt ni l’un ni l’autre ou les deux), prend aussi en compte le féminin et le masculin puisqu’il se définit parfois l’un ou l’autre (ou les deux, ou aucun des deux).)

    Qu’est-ce qui fait qu’on a une identité féminine, par exemple ? C’est facile de définir le genre en parlant de construction sociale, mais si on réfléchit plus loin, ça devient compliqué. Par exemple, si je caricature, les femmes sont moins payées que les hommes en moyenne : mais je ne me sens pas femme parce que je m’identifie aux personnes qui sont moins payées que d’autres injustement. Si c’est ça, être socialement une femme, personne ne se sent femme. Du coup, c’est quoi, être genrée femme ? C’est se comporter comme une femme ? Ca veut dire quoi ? C’est se maquiller, porter des jupes et des robes ? (Caricaturons encore.) Ben non : des hommes le font. Et plein de femmes ne le font pas. Je ne trouve aucun comportement qui puisse être associé de façon définitive au genre féminin ou au genre masculin. Et je me retrouve du coup face à une incapacité de distinguer les genres. Je sais, factuellement, que certaines personnes ne se sentent pas en conformité avec leur corps, et ont un genre différent de leur sexe. C’est pour moi une preuve qu’il y a bien des genres, en plus des sexes (personne n’a envie de se sentir mal dans son corps, que je sache, donc quand on est transgenre, c’est pas pour le fun, et vu toutes les emmerdes que ça apporte, vous auriez bien du mal à me contredire sur ce point). Mais je n’arrive pas à définir ce qui fonde un genre, car rien ne me semble appartenir essentiellement à un genre. La seule chose qui m’apparaisse comme essentielle du masculin et du féminin, ce sont les sexes (mais on est dans les sexes, et plus les genres) : c’est-à-dire qu’on considère de sexe masculin ce qui a des organes génitaux masculins, et le contraire ; mais ce sont des classifications biologiques qui devraient être dénuées de toute connotation. (Il y a aussi la question des assexués, et des intersexes. Je la cite par honnêteté intellectuelle, mais comme pour le genre neutre, je ne m’y connais pas assez pour me sentir la légitimité d’en parler : sachez juste qu’il s’agit de gens qui naissent sans sexe ou avec deux sexes, ou un sexe quelque part entre les deux (en gros).)

    Je crois même que je me fiche du pronom par lequel on me désigne, en fait. Je suis habituée au « elle » parce qu’on m’a toujours désignée ainsi, mais j’ai l’impression qu’au fond, ça n’a pas d’importance. Parce que dans mon utopie personnelle, ben, ça ne change rien, le féminin et le masculin. Et il me semble que c’est à terme le but du féminisme : mettre en place une société où il n’y aurait plus aucune inégalité, discrimination ou autre entre les sexes et les genres différents. Et si on considère indifféremment les deux sexes, peut-être qu’alors il n’y a plus rien qui soit attribué au féminin ou au masculin. Peut-être que les genres non plus n’auraient plus aucun sens. (C’est une opinion qui m’est personnelle, de considérer que puisqu’il n’y a rien qui appartienne essentiellement au féminin ou au masculin, alors ça ne devrait pas avoir d’importance.)

    Mais je suis là dans mes préjugés personnels, parce que je ne suis pas assez renseignée sur la question des genres. Et puis, qui suis-je pour avoir une vision aussi simpliste de la chose ? Je suis une personne cisgenre, je suis donc moins sensibilisée à ce problème, j’ai moins les clés pour pouvoir y entrer. C’est facile pour moi de faire valoir qu’il n’y a aucun caractère essentiellement féminin ou masculin, que du coup les genres ne devraient pas avoir d’importance, de penser qu’être femme ou être homme ça ne devrait en rien préjuger d’une quelconque construction identitaire et sociale. Mais je ne suis pas renseignée. Je n’ai pas assez étudié la question. Je ne sais pas parler de ce qui concerne les genres, je suis désolée. Et c’est compliqué pour moi de parler du sujet, parce que c’est un sujet clivant, mais c’est aussi un sujet sensible qui concerne des vraies personnes (qui ont déjà bien assez de problèmes comme ça, hurm), qui concerne leur identité. Donc voilà : si j’ai offensé quiconque, je présente ici mes plus plates excuses. C’était involontaire. Je ne veux pas remettre en cause l’identité de quiconque, ou quoi que ce soit. Je voulais juste montrer à quel point pour moi la question des genres était épineuse à démêler.

     

    Le féminisme, toutes les questions qui relèvent du féminisme sont compliquées. Les choses sont plus complexes qu’il n’y paraît : elles sont aussi, pour beaucoup, insidieuses, inconscientes, invisibles, difficiles à sonder. J’ai toujours du mal à me forger une opinion claire sur le sujet, à cause de cette complexité, justement, et c'est ce qui me met si mal à l'aise pour aborder ce sujet (c'est ce qui a rendu l'écriture de cet article si difficile pour moi). Il n’y a pas d’évidence. Ou bien, s’il y en a, c’est que c’est insuffisant. On présente souvent le féminisme en disant qu’il s’agit juste de vouloir l’égalité entre les sexes et les genres. Mais comment on instaure cette égalité ? Et puis, comment on peut percevoir toutes les inégalités, quand elles sont si subtiles qu’elles sont ancrées au plus profond de nous, qu’elles peuvent se glisser jusque dans la plus bête annotation d’un bulletin scolaire, qu’elles peuvent parfois même être voulues ?

     

    Je suis une bien piètre féministe, moi qui vois les limites de beaucoup de solutions prônées par les féministes, qui suis incapable de prendre parti de façon claire (que dois-je penser de la légalisation de la prostitution, par exemple ? ou bien de la pornographie ?), qui pense que rien n’est évident, et qui aurais tant d’autres choses à dire pour nuancer les choses. Mais je pense que c’est toujours un bon début que de s’interroger. Je crois que si je devais présenter le féminisme, d’ailleurs, je dirais plutôt ça : le féminisme, c’est penser que les choses ne sont pas évidentes. C’est se poser des questions sur le rôle des genres et des sexes dans notre société. C’est lutter contre les injustices, évidemment, aussi : mais cette lutte commence avec les questions.

     


     Et pour lire les articles des autres :

     

    « L'herbe est plus verte ailleurs

  • Commentaires

    1
    Lundi 30 Avril à 22:06

    C'est très intéressant et enrichissant d'avoir ton point de vu. Je pense aussi que beaucoup de problèmes, d'inégalités, ou même stéréotypes descendent de notre société, parce que c'est ce qu'on nous inculque. Et j'essaie de m'en détacher un maximum, mais comme tu le dis, il y a des choses tellement subtiles que peut être on passe à côté. En tout cas ton article était vraiment très intéressant! 

    2
    Mardi 1er Mai à 12:20

    Ta façon d'aborder les choses est intéressante. Je me suis retrouvée dans certains points. En attandant j'ai appris des choses via tes pensées et je trouve que le resonnement de ton prof est vraiment super.

    3
    Mardi 1er Mai à 14:48

    J'avoue que les deux choses qui me rebutent dans le féminisme c'est plutôt les militants et la culture féministe. Moi non plus je n'ai rien contre le fait que les femmes ne soient plus discriminées, au contraire. Mais en effet, le "comment" changer les choses reste incertain, et les propositions faites par les mouvements féministes ne me satisfont pas spécialement. (J'ai vu récemment une affiche pour un festival qui met en avant uniquement des artistes femme, ce genre d'initiatives me met un peu mal à l'aise.)

    Peut-être aussi parce que je suis trop conditionnée par l'éducation qu'on m'a donnée   ou pire : par celle que j'ai choisie quand j'ai essayé de m'émanciper d'une influence parentale toxique ; j'ai beaucoup de mal à m'identifier aux modèles que certains mouvements féministes citent. Je n'ai rien d'une Olympe de Gouges, je ne peux m'identifier à George Sand alors que je trouve son travail médiocre, je me définis comme une femme de gauche et on voudrait m'imposer l'image de Rosa Luxemburg mais nos pensées divergent sur des points essentiels. J'ai des modèles féminins mais je doute qu'on les qualifierait de féministes, snouf.

    (Les milieux littéraires sont quand même assez particuliers. Comme tu le fais remarquer il y a beaucoup plus de femmes qui se dirigent vers ce type d'études et pourtant, le rapport est tout chamboulé quand on regarde la répartition des postes. Certes il y a plus de professeurs femme dans les matières littéraires, mais pas en université et dans l'enseignement supérieur. O.o Je ne sais plus si c'est par manque d'agrégées ou de candidates à l'agrégation, mais ça reste assez louche. Et même quand il y en a il reste des détails cocasses : mon professeur de grammaire était un homme, par exemple, alors que tous mes professeurs de littérature étaient des femmes. :'( )

    4
    Mercredi 2 Mai à 11:10

     Je m'excuse de ne pas commenter ton article, je n'ai plus de connexion chez moi, je le lirai hors ligne et je reviendrai quand je pourrai. Mais n'oubie pas de mettre la liste des participants à jour. Merci d'avance.

      • Vendredi 4 Mai à 21:55

        Merci pour l'attention que tu portes constamment aux participants d'Eklabugs, Eyael_. J'étais moi-même en vacances loin de tout réseau, ce qui explique mon absence de réactivité. Je viens de profiter d'une brève trêve dans mes vacances déconnectées pour mettre à jour la liste des participants (j'y ai inclus#Yuki qui a fait le rab d'Eklabugs).

        Je profite de ce post pour informer les éventuels intéressés que je ferai ma relecture de l'article dans les jours à venir pour y enlever les éventuelles maladresses, et que je répondrai par la suite à vos commentaires ^-^

    5
    Mardi 8 Mai à 03:18

    Article fleuve et un peu compliqué mais passionnant et extrêmement lucide. J'adhère totalement à ton raisonnement. Pour moi, le genre vient du bas niveau matière et psyché. Nos autres corps éthérique, causal et spirituel ne connaissent pas cette différence. Au niveau de l'âme le sexe est une aberration et il est fort probable que dans une autre vie vous ayez été d'un sexe différent (là c'est à chacun de voir avec son niveau de perception). Ne dit-on pas que les anges n'ont pas de sexe ? Ce qui m'amuse est que Cupidon soit présenté sous forme d'un bambin jouflu, jamais une bambine. Paradoxe qui devrait te plaire. Désolée, mon commentaire est un peu plat mais tu as tout dit et j'ai tout dit dans mon article. J'irai aussi lire tes liens dès que je trouverai le temps, ça m'a l'air intéressant et je suis sûre que j'y apprendrai des tas de choses.

    6
    Samedi 12 Mai à 14:39

    Whaou! J'avoue ton article est tellement long que je l'ai lu en trois fois... Ta réflexion est impressionnante. Honnêtement ton article m'impressionne!

    La parité en politique c'est quand même assez problématique comme question. Je me suis un peu intéressée au sujet quand l'actuel maire de ma commune est venu chercher quelqu'un pour candidater avec lui sur sa liste. Mes parents étant tous deux impliqués dans la vie de la commune et sachant que si l'un acceptait de participer l'autre aiderai forcément, il a demandé à ce que l'un des deux candidate. Il a dit qu'il souhaitait que l'un d'entre eux se joigne à lui et si possible ma  mère parce qu'ils manquaient de femmes. Sur le coup je me suis dit que c'était aberrant cette histoire de parité. Du coup j'y ai un peu réfléchis et j'en suis venue à la même réflexion que toi (pas par les mêmes chemins).

    Ton analyse est tellement plus poussée que la mienne sur les autres points que j'aurais du mal à commenter ça sans dire des absurdités (ce qui n'est pas le but). Du coup je vais m'abstenir. Je pense par contre être d'accord avec les réflexions et avis que tu as exposé (je vais évidemment y réfléchir un moment avant de me prononcer de façon plus "définitive") Enfin bon bref tout ça pour dire que j'ai adoré lire ton article!

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