• Une histoire de temps

    (Pour ceux qui ont du mal avec l'anglais, une traduction est disponible juste en-dessous.) 

     

    “We quarrelled last March—— just before he went mad, you know——” (pointing with his teaspoon at the March Hare,) “——it was at the great concert given by the Queen of Hearts, and I had to sing

     

    ‘Twinkle, twinkle, little bat!

    How I wonder what you’re at!’

     

    You know the song, perhaps ?”

    “I’ve heard something like it,” said Alice.

    “It goes on, you know,” the Hatter continued, “in this way :—

     

    ‘ Up above the world you fly,

    Like a teatray in the sky.

    Twinkle, twinkle————’ ”

     

    Here the Dormouse shook itself, and began singing in its sleep “Twinkle, twinkle, twinkle, twinkle——” and went on so long that they had to pinch it to make it stop.

    “Well, I ’d hardly finished the first verse,” said the Hatter, “when the Queen bawled out ‘He’s murdering the time! Off with his head!’”

    “How dreadfully savage !” exclaimed Alice.

    “And ever since that,” the Hatter went on in a mournful tone, “ he won’t do a thing I ask! It ’s always six o’clock now.”

    A bright idea came into Alice’s head. “ Is that the reason so many tea-things are put out here?” she asked.

    “Yes, that’s it,” said the Hatter with a sigh: “ it ’s always tea-time, and we ’ve no time to wash the things between whiles.”

    “Then you keep moving round, I suppose?” said Alice.

    “Exactly so,” said the Hatter: “ as the things get used up.”

     

    (Alice's Adventures in Wonderland, Lewis Carroll.)

     

    ___________________________

     

    « Nous nous sommes querellés au mois de mars dernier, un peu avant qu’il devînt fou. » (Il montrait le Lièvre du bout de sa cuillère.) « C’était à un grand concert donné par la Reine de Cœur, et j’eus à chanter :

     

    « Ah ! vous dirai-je, ma sœur,
    Ce qui calme ma douleur !
     »

     

    « Vous connaissez peut-être cette chanson ? »

    « J’ai entendu chanter quelque chose comme ça, » dit Alice. 

    « Vous savez la suite, » dit le Chapelier ; et il continua :

     

    « C’est que j’avais des dragées,
    Et que je les ai mangées.
     »

     

    Ici le Loir se secoua et se mit à chanter, tout en dormant : « Et que je les ai mangées, mangées, mangées, mangées, mangées, » si longtemps, qu’il fallût le pincer pour le faire taire.

    « Eh bien, j’avais à peine fini le premier couplet, » dit le Chapelier, « que la Reine hurla : « Ah ! c’est comme ça que vous tuez le temps ! Qu’on lui coupe la tête ! » »

    « Quelle cruauté ! » s’écria Alice.

    « Et, depuis lors, » continua le Chapelier avec tristesse, « le Temps ne veut rien faire de ce que je lui demande. Il est toujours six heures maintenant. »

    Une brillante idée traversa l’esprit d’Alice. « Est-ce pour cela qu’il y a tant de tasses à thé ici ? » demanda-t-elle.

    « Oui, c’est cela, » dit le Chapelier avec un  soupir ; « il est toujours l’heure du thé, et nous n’avons pas le temps de laver la vaisselle dans l’intervalle. »

    « Alors vous faites tout le tour de la table, je suppose ? » dit Alice.

    « Justement, » dit le Chapelier, « à mesure que les tasses ont servi. »

     

    (Les Aventures d'Alice au Pays des Merveilles, Lewis Carroll, traduction d'Henri Bué.)

    (Oui, pardon, je n'ai pas ma traduction d'Henri Parisot sous la main, j'ai fait avec ce que j'ai trouvé...)

     

    ___________________________

     

    Alice par John Tenniel 26.png

    (Le Chapelier Fou, John Tenniel, illustration originale d'Alice.)

     

     Eh oui, Mesdames et Messieurs... Aujourd'hui, et pour les six mois à venir, c'est l'heure des thés !!


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